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jeudi 16 novembre 2017

Des Histoires de maisons hantée...

Il y a, dans la littérature fantastique, des thèmes récurrents. Celui de la maison hantée en est un, et sur ce thème je voudrais aborder ici une lecture de l'année et une plus ancienne mais qui est un coup de cœur. Il s'agit de L'Indésirable de Sarah Waters et de Hantise de Shirley Jackson.


Hantise de Shirley Jackson (que l'on trouve aussi sous le titre La Maison hantée) nous parle d'une maison architecturalement "monstrueuse", où un scientifique souhaite réaliser une expérience afin de démontrer que cette maison est réellement hantée. Il y réunit des sujets sensés être sensibles au surnaturel. C'est ainsi que Hill House, la maison, voit arriver dans ses murs des occupants au profil bien différents et à qui des choses étranges vont arriver.
C'est une histoire où les faits sont peu nombreux mais où l'atmosphère tiens le premier rôle. La maison en elle-même est personnifiée à l'extrême et en est un personnage à part entière : elle porte un nom, est décrit avec précision (et déjà une certaine angoisse) au début du roman :

Il est impossible pour un œil humain de visualiser isolément la coïncidence malheureuse des lignes et des espaces qui, réunis dans la façade d’une maison, lui donnent l’air de respirer le mal. Et cependant il y avait là un je ne sais quoi - une juxtaposition insensée, un angle mal tournée, une rencontre hasardeuse entre ciel et toiture, qui faisaient de Hill House un hâvre de désespoir, d’autant plus terrifiant qu’il semblait présenter un visage éveillé, avec la vigilance de ses fenêtres aveugles et le soupçon de gaieté que suggérait le
sourcil d’une corniche.
 Ce roman est, depuis ma première lecture dans mon top 5, tout genre confondu. Avec cet intérêt tout particulier que chaque lecture produit le même effet, la même angoisse. Le genre d'ouvrage que vous ne lâchez que quand vous l'avez terminé.
A noter : il existe une adaptation cinématographique de ce roman, par Jan de Bont (1999) avec Catherine Zeta-Jones et Liam Neeson (que j'aimerai beaucoup voir!)


L'Indésirable / Sarah Waters, Denoël- 2010 - 26,90€
Hantise / Shirley Jackson, Pocket- 1999

L'Indésirable de Sarah Waters est dans un tout autre style. Le docteur Faraday, qui nous conte sa (més)aventure, commence par nous exposer (sur quelques 200 pages), sa vie et, déjà, il nous décrit le Hall, maison où sa mère travaillait. Au cours d'une visite pour une urgence, il rencontre la famille qui vit là depuis des génération.
Peu à peu il se lie avec la famille jusqu'à manquer d'en devenir le membre. Dès le départ, sa description de la maison nous fait ressentir un certain malaise ; il la trouve (trop) magnifique, superbe et, comme tout souvenir d'enfance, la surestime. Dès le départ également on ressent son attachement pour Caroline, la fille de la famille mais, jusqu'à la fin l'on se demande si cet amour est réellement pour l'héritière où pour sa fortune, comprenant, évidemment, la maison.
C'est un roman long, où l'intrigue met du temps à s'installer, dure autant de temps et se dénoue dans le malheur, l'angoisse et laisse les personnages sceptiques.
Le personnage du docteur Faraday est un scientifique et en tant que tel trouve toujours une explication aux évènements étranges qui se passe presque sous son nez.
L'auteur nous situe donc à l'inverse de Hantise : dans l'un, un scientifique veut prouver l'existence du surnaturel, dans l'autre le scientifique est caution, il n'arrive pas à croire au surnaturel de la situation. Si dans Hantise la maison semble réellement vivante, dans L'Indésirable elle semble plutôt habitée par un fantôme et le lecteur, très tôt dans l'intrigue, pense à la première fille de la châtelaine, morte très jeune.

jeudi 15 décembre 2016

Deux romans graphiques pour cette fin 2016


Voilà deux ouvrages de toute beauté, sortis à l'automne 2016.

Le Cabinet de Curiosités est un roman graphique de toute beauté, avec de nombreuses illustrations oniriques d'Alexandra V. Bach, en pleines pages. Dans des tonalités plutôt sombres côté illustrations, il porte parfaitement son titre : plein de mystères, d'énigmes et de choses étranges. Du côté écriture : trop étrange car trop abstrait. Si j'ai quand même adoré cet ouvrage, l'histoire est effectivement trop souvent abstraite. Peut-être l'auteure, Hilda Alonso, a-t-elle voulu rester dans le mystère et la poésie... si l'on reconnaît assez vite certaines influences (Mylène Farmer entre autre), l'histoire reste trop dans le rêve et l'onirique pour la comprendre à la première lecture ; c'est un peu dommage et je me refuse donc de vous en faire un résumé ; aussi parce que, de par son abstraction, je pense que c'est un texte où chacun peut potentiellement y comprendre ce qu'il veut.

Pour Cosmographia : le testament des étoiles, c'est une tout autre histoire. Une belle histoire fantastique, simple comme le sont les livres du Chat noir, mais non dénuée de poésie et de profondeur. Soutenu par les illustrations stellaires de Nicolas Jamonneau, le texte de Mathieu Guibé nous emmène dans un univers futuriste, où deux jumeaux lisent les étoiles... histoire d'amour, scène d'action, suspens et retournement sont au rendez-vous. Une très belle bal(l)ade sous les étoiles et d'autres lunes ;)

Le Cabinet de curiosités / Alexandra V. Bach et Hilda Alonso, Ed. du Riez- 2016 ; 68p. - 20€ 
Cosmographia : le testament des étoiles/ Nicolas Jamonneau et Mathieu Guibé, Le Chat noir- 2016 ; 48p. - 19.90€ 

Aucune réelle comparaison à faire cependant, tellement ils sont différents : là où l'un reste dans l'ombre l'autre nous tire vers la lumière ; deux auteures contre deux auteurs (^^), une abstraite histoire de choses étranges, presque un rêve contre une histoire précise de choses oniriques mais bien concrètes... Bref deux beaux ouvrages à offrir ou à s'offrir !

dimanche 4 octobre 2015

Fables et Once Upon A Time

Pour cet article Eclipse, je ne ferais pas une comparaison mais je mettrais en parallèle une série télévisuelle, Once Upon A Time (aussi dit OUAT pour les fans), et une série de comics, Fables.

Commençons par un petit résumé de la série (je suis personnellement en train de découvrir la 3ème saison.) 
Emma Swan, une jeune femme au passé trouble, vit à Boston. Un soir, un jeune garçon frappe à sa porte : il s'agit de Henry, le fils qu'elle a abandonné à sa naissance et qui l'a retrouvée. Elle le ramène à sa mère adoptive, Régina, qui réside à Storybrook, petite bourgade du Maine (nord-est des USA.)
Mais Henry est un jeune garçon têtu et il souhaite que sa mère biologique reste avec lui à Storybrook. Il ne tardera pas à révéler à Emma que Storybrook n'est pas une simple bourgade mais en fait une ville enchantée où les habitants sont les personnages de contes de fées, coincés à notre époque. Plus précisément, Emma est la fille de Blanche-Neige et du Prince "Charmant", envoyée sur terre pour échapper à la malédiction, jetée par la méchante reine (Régina!) et qui emprisonne ici les personnages de contes. Les évènements se succèdent tantôt empêchant Emma de partir, tantôt étant assez troubles et étranges pour qu'elle ne veuille plus partir. Sceptique, la jeune femme mettra toute la première saison à croire que le merveilleux existe et que Henry avait raison sur toute la ligne.

Pour ce qui est de Fables, je n'ai lu que le premier tome "Légendes en exil". Pour résumé le contexte général de cette série de comics, les royaumes de contes sont la proie de l'Adversaire aussi connu sous le nom de "l'Empereur". C'est une entité démoniaque qui cherche à avoir sous sa coupe tous les royaumes ; il semble particulièrement cruel... une sorte de diable ou de Sauron... bref un être maléfique. Pour sauver leur peau, les personnages de contes, nommés le peuple des Fables, vont fuir par un passage magique crée par une sorcière. Ils se retrouvent alors coincés à notre époque, dans un quartier de New-York où ils constituent une administration parallèle, essayant de vivre discrètement parmi les "communs".

Dans ces deux cas donc, les personnages de contes sont comme prisonniers de notre époque. Ils ont parfois des caractères très modernes (Blanche-Neige est adjointe au maire des Fables et loin de la Blanche-Neige, forte mais un peu gnangnan parfois de OUAT) Il est difficile de croire que les créateurs de OUAT ne se soient pas inspirés de Fables. En feuilletant le tome 1 (sans lire donc), j'ai vu Blanche-Neige et j'ai cru qu'il s'agissait de Regina la méchante reine. Je n'irais pas plus loin dans le parallèle car comme je vous l'ai dit je n'ai lu que le premier tome de Fables, mais il me semblait intéressant de souligner cette ressemblance.
On peut aimer l'un et l'autre mais attention le traitement (graphique notamment) est bien différent. En effet, Fables est un peu plus trash là où Once Upon A Time est assez mièvre : Fables à un dessin plutôt réaliste, alors que l'on sent le côté "Disney" de OUAT, plus mièvre (ce qui peut effectivement gêner certains). 

J'ai d'ailleurs eu du mal à passer la première saison. Mais l'on y croise tellement de personnages et leurs histoires emmêlées sont intéressantes. J'aime aussi la façon dont les contes sont reliés les uns aux autres. Ci-dessous (attention spoiler) je vous évoque l'exemple de M. Gold de la série Once Upon A Time.

Attention Spoiler:
{Attardons-nous sur Monsieur Gold de la série TV. Il est en fait Rumpelstiltskin. Il n'est pas le lutin du conte que l'on connait et sa vie est bien plus complexe. Abandonné par son père (qui se révèle être Peter Pan), il est un homme plutôt lâche et sortira de sa condition de gueux en tuant un personnage aux pouvoirs immenses : Le Ténébreux. Il deviendra alors lui-même le ténébreux ce qui le changera en un monstre. Au cours de sa très longue vie, il apprendra à la méchante Reine la magie noire et surtout il rencontrera Belle (devenant la Bête du conte) et l'amour de celle-ci finira par le changer. Il pourra alors, dans ce monde, retrouver son fils, Baelfire, qu'il avait abandonné au profit du pouvoir. Baelfire n'étant que Neal, l'ancien petit ami d'Emma (et donc le père d'Henry). Je trouve cette façon de relier les contes les uns avec les autres plutôt réussit même si pour ce faire les contes ont dû être un peu changés parfois. Bon et puis sans compter que je trouve un côté charmant à M. Gold et qu'avec Belle ils forment un couple magnifique (c'est mon côté "j'aime aussi les méchants"^^) }


Les personnages principaux de OUAT avec au premier plan, Henry et Emma

Fables tome 1 : Légendes en exil / Bill Willingham et Lan Medina, Urban Comics, 2002 ; 155p. - 15€